Précis de littérature française du XVIe siècle PDF

La question de la géométrie « secrète » des « bâtisseurs de cathédrales » a fait l’objet d’un assez grand nombre de publications , la plupart assez fantaisistes. Les précis de littérature française du XVIe siècle PDF données relèvent principalement du domaine de l’hypothèse et, de ce fait ou de celui de leur pollution par l’occultisme, elles apparaissent nettement insuffisantes voire totalement erronées.


Le concept lui-même est sujet à interrogation. Car, au préalable, que faut-il entendre par géométrie « secrète » ? S’agit-il tout simplement de procédés géométriques qu’auraient conservés par devers eux ces bâtisseurs afin de maintenir leur monopole sur les chantiers ? Ou bien s’agit-il plutôt d’une dimension ésotérique de la géométrie ? En fait, il est évident que la vérité participe plus ou moins de ces deux extrêmes. Il serait absurde de croire que, dans le cadre d’associations initiatiques et à une époque aussi portée sur le symbolisme que le Moyen-Age, la géométrie n’ait pas été un support privilégié de spéculations à caractère ésotérique.

S’il est vrai que les organisations initiatiques de métiers du Moyen Age ont laissé extrêmement peu de traces, tout particulièrement en ce qui concerne leurs aspects rituels et symboliques, il en est pourtant une au sujet laquelle la documentation, à partir du XVe siècle, est relativement abondante : la Bauhütte, organisation fédérant les loges de tailleurs de pierre du Saint Empire Romain Germanique . La publication en 1993 de la traduction française des Études sur les marques de tailleurs de pierre de Franz Rziha  est venue apporter quelques lumières sur la géométrie « secrète » employée par les Compagnons tailleurs de pierre de la Bauhütte. Cependant, les « découvertes » de Rziha peuvent laisser sceptiques. Faute de connaître des documents convergents, il serait légitime de penser que ses « réseaux fondamentaux » sont trop complexes et qu’il ne s’agit là que d’une séduisante vue de l’esprit. Il convient d’opposer à ce doute que, en réalité et contrairement à ce qu’il laisse entendre dans la présentation de ses travaux, les tracés de Rziha ne constituent pas véritablement le résultat de recherches, de tâtonnements et de découvertes personnelles.

Bien que partiels, ils sont authentiques et appartiennent bel et bien au patrimoine de la Bauhütte. Par ailleurs, si les études de Rziha ont pour objet principal de mettre en évidence l’inscription de la marque personnelle du Compagnon tailleur de pierre dans les réseaux fondamentaux, la géométrie de ceux-ci avait déjà fait l’objet de publications. La plus ancienne de ces publications est celle, en 1486, d’un livret de la rectitude des pinacles par Matthias Roriczer , maître-maçon et architecte de la cathédrale de Ratisbonne. Il est dû à un orfèvre, Hans Schmuttermayer .

L’emploi de tels tracés est parfaitement attesté par de nombreux dessins et documents d’architecture  des XVe et XVIe siècles et l’on peut légitimement supposer qu’ils étaient connus et employés en Allemagne dès le XIIIe. Sur la base de cette documentation ainsi que d’une abondante collection de dessins et de maquettes provenant de loges de la Bauhütte, l’architecte Friedriech Hoffstadt publia au début des années 1840 un copieux ouvrage, traduit en français en 1854 sous le titre explicite de : Les principes du style gothique exposés d’après des documents authentiques du Moyen-Age, à l’usage des ouvriers et des artistes. C’est un ouvrage-phare du style néo-gothique. D’autres procédés géométriques sont quelquefois abordés, telle la construction du pentagone ou celle de l’heptagone, mais occupent une place secondaire et, semble-t-il, essentiellement pratique. Si la dimension « secrète » de ce corpus géométrique est donc en réalité relative, il ne fait cependant aucun doute que, avant la fin du XVe siècle, elle était réelle . Il est par ailleurs à souligner, concernant la question de l’ésotérisme, que cette géométrie particulière jouait un rôle important dans les rites de la Bauhütte.

Sainte Trinité et le compas, etc. Mais il ne fait aucun commentaire en ce qui concerne l’ésotérisme du réseau lui-même. L’existence d’une géométrie de mêmes nature et caractère au sein des fraternités de Compagnons tailleurs de pierre d’autres contrées reste à démontrer sur le plan scientifique . L’importance accordée à la géométrie dans la franc-maçonnerie forme également l’indice de l’existence, à l’époque opérative de cet ordre, d’un ésotérisme fondé en grande partie sur le cinquième Art libéral, mais, dans les rites et symboles spéculatifs en usage depuis le XVIIIe siècle, il ne subsiste toutefois pas d’exemple d’un réseau comparable à ceux de la Bauhütte . Une découverte récente fournit cependant un témoignage intéressant de l’existence d’une telle méthode chez les maçons opératifs et pré-spéculatifs britanniques .

Ces dessins datent principalement du début du XVIIe siècle. Dans le cadre de cette brève étude, nous nous limiterons à explorer la documentation publique concernant la Bauhütte. Nous nous efforcerons surtout d’en présenter clairement et simplement les bases graphiques, avant d’aborder, sans autre prétention que de contribuer à mieux la poser, la question de l’ésotérisme. Nous sommes donc face à un système répondant stricto sensu à la définition classique de l’Harmonie, ce qui justifie sans conteste la valeur suréminente qui lui est accordée, indépendamment d’autres aspects symboliques ou « secrets ».

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