Manifeste pour la psychanalyse PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. La cure psychanalytique est le lieu privilégié de l’émergence et de l’analyse du transfert sur l’analyste. Francis Pasche définit ainsi le transfert au sens large :  La reviviscence de désirs, d’affects, de sentiments éprouvés envers les parents dans la prime enfance, et adressés cette fois à un manifeste pour la psychanalyse PDF objet, et non justifiés par l’être et le comportement de celui-ci.


De toujours la psychanalyse a suscité méfiance et rejet, et les tentatives d’arraisonner cette pratique singulière et dérangeante n’ont pas manqué au fil de l’histoire. L’article 52 de la loi du 9 août 2004, qui réglemente l’usage du titre de psychothérapeute, a franchi un pas : en incluant les psychanalystes, cette loi sert de cheval de Troie à la logique des évaluations, des garanties d’Etat et à l’idéologie du risque zéro, pour envahir le champ psychanalytique. Loin des insipides controverses « pour ou contre la psychanalyse « , ce livre propose un état des lieux du mouvement psychanalytique et une réflexion sur ce qui fait la singularité et la richesse de l’expérience analytique. L’ambition des auteurs – qui en 2004 ont été, avec quelques autres, à l’origine du Manifeste pour la psychanalyse est de créer un espace politique pour que l’impact insurrectionnel de la découverte freudienne et de sa refonte lacanienne ne soit pas perdu, mais au contraire revivifié à l’aune des impasses de nos civilisations, qu’elles soient déclinantes ou émergentes.

Le transfert est un concept majeur de Sigmund Freud, qu’il a commencé à aborder, au cours de son travail avec Josef Breuer, avec des hystériques et qu’il a développé tout au long de sa pratique, notamment avec l’analyse de Dora, dans ses écrits sur les conseils aux analystes jusqu’à la seconde topique de 1920 et dans ses écrits ultérieurs. Le transfert est, d’abord et avant tout, un phénomène humain qui s’éprouve à des degrés variables dans toutes les relations entre individus. En introduisant cette notion de transfert, les physiologistes E. H Weber envisageait le transfert comme une facilitation d’une activité et Rudolf Kleinpaul comme le passage d’un langage de geste et d’image à un langage de mots. C’est ce paradoxe qui fait la difficulté de l’approche de ce concept. Il me reste enfin à traiter un sujet auquel incombe, dans la réalisation de cette analyse cathartique, un rôle important et gênant. J’ai déjà fait allusion au rôle considérable que joue la personne du médecin dans la création des motifs servant à surmonter la puissance psychique des résistances.

De ce point de vue, c’est à partir de cette définition lacanienne du transfert comme mise en acte de la réalité de l’inconscient que ce concept d’abord découvert comme obstacle devient la cheville ouvrière du processus analytique, garant de son efficacité. Dans son texte  Observations sur l’amour de transfert , écrit en 1915, Freud décrit les mésaventures qui peuvent arriver à un jeune analyste inexpérimenté lorsqu’il se trouve aux prises avec les flambées de l’amour de transfert, amour qui est provoqué par la situation analytique elle-même. Il indique donc comment s’y prendre avec cet événement inévitable mais pourtant difficile à gérer. Quand cette transcription se fait dans le sens du contenu latent du rêve à son contenu manifeste, le transfert rend compte de la fabrication d’un rêve. Dans l’autre sens, du contenu manifeste à son contenu latent, ce même transfert, toujours pris dans le sens de traduction d’une langue dans une autre, livre le secret de ce qu’est  l’interprétation  du rêve.

Ce que Freud appelle  maniement du transfert , c’est donc, pour l’analyste, l’art de manier ces trois sens du mot, ce transfert d’amour pour l’analyste, ce transfert des affects qui provoquent les manifestations des symptômes pour arriver enfin à cette traduction d’une langue dans une autre qui consiste à retrouver la langue du désir inconscient. En transposant la notion de transfert dans la cure psychanalytique, Freud cherche d’abord dans les Études sur l’hystérie à comprendre ce qui résiste chez les patients dans la cure analytique, c’est-à-dire ce qui empêche le patient d’atteindre le but qu’il s’était fixé en venant consulter. Freud rappelle d’abord que le transfert qu’il décèle dans la cure psychanalytique n’est qu’une exacerbation de phénomènes que l’on rencontre souvent dans la vie courante :  La faculté de concentrer l’énergie libidinale sur des personnes doit être reconnue à tout homme normal. Mais dans le dispositif établi entre le psychanalyste et le patient, cette capacité générale au transfert prend un tour particulier : elle tend à se focaliser sur la personne du psychanalyste. Ceci s’explique notamment par l’attente de guérison qui a motivé la cure. Le patient plaçant ses espoirs dans le psychanalyste se trouve placé comme en position infantile à l’égard de celui-ci.

Le transfert n’est pourtant pas une pure répétition de la situation parentale. Au contraire, la demande de cure est, déjà, une prise de conscience explicite ou implicite, que quelque chose se répète dans la vie du sujet. La demande de cure est donc un premier coup d’arrêt à cette répétition vécue comme subie jusqu’alors. Il en est de même de l’amour de transfert.

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