Les Aqueducs antiques de Lyon : étude comparée d’archéologie romaine (1908) PDF

Les Aqueducs antiques de Lyon : étude comparée d’archéologie romaine (1908) PDF galeries semblent ne jamais avoir servi, car on ne trouve aucune trace d’aménagement dans les maçonneries ou au sol. Aucun texte antique ou médiéval ne semble y faire référence. Une portion des antennes dessinée par Chenavard en 1850.


INTRODUCTION

Une étude sur les aqueducs antiques de Lyon est loin d’être une entreprise nouvelle. Cela s’explique facilement quand on considère que d’une part ces aqueducs sont de beaucoup les plus importants vestiges qui subsistent de la civilisation romaine dans l’ancienne capitale des Gaules, et que d’autre part ils sont à tous points de vue dignes de captiver aussi bien l’intérêt raisonné de l’historien et de l’archéologue que l’admiration spontanée de l’artiste ou du simple visiteur. L’un d’entre eux surtout, le principal, a déjà été maintes fois décrit. Bien que parmi ces descriptions la plupart soient, à peu de chose près, copiées les unes sur les autres, elles n’ont pas laissé de réveiller chaque fois la curiosité sur des ruines dont les Lyonnais s’enorgueillissent à bon droit. Sans doute, rien dans ces ruines n’équivaut aux majestueuses lignes d’arcades qui se prolongent à l’infini dans la campagne romaine, ou même à la triple rangée d’arceaux superposés du Pont-du-Gard, mais elles s’alignent souvent aussi sur de longs espaces, offrent des aspects variés, tantôt imposants, tantôt gracieux, toujours pittoresques. Surtout, et c’est pour l’archéologue leur premier mérite, elles constituent un témoignage presque unique de la science solide et de l’ingéniosité opiniâtre des constructeurs romains : leur longue étendue, l’aisance avec laquelle on leur a fait franchir les plus difficiles obstacles, prouvent en effet une connaissance très sûre et une pratique étonnamment habile des principes de l’hydraulique. C’est à ce titre, comme exemples de beaux projets techniques savamment conçus et adroitement exécutés, qu’il m’a paru intéressant d’en reprendre et d’en compléter l’étude.

I

Au temps des Antonins, la ville de Lugudunum, ou par syncope usuelle Lugdunum, était alimentée en eau potable d’excellente qualité par quatre aqueducs : celui du Mont-d’Or (25 kilomètres environ de parcours) ; celui de La Brévenne (55 kilomètres environ) ; celui du Mont Pilat ou du Gier (75 kilomètres) ; enfin celui que nous appellerons l’aqueduc de Craponne, jusqu’ici assez mal connu ; il est formé par la réunion de plusieurs branches, issues du massif montagneux d’Iseron et de Pollionnay, dont la base est à une dizaine de kilomètres de la ville. Quant aux deux aqueducs de Miribel et de Cordieu, qui d’après une opinion assez répandue alimentaient les quartiers constituant le domaine des Trois-Gaules, leur authenticité, en tant qu’ouvrages romains, est loin d’être certaine, et ils ne figureront ici que pour mémoire.

De tous, le plus connu est celui du Mont Pilat ou du Gier. Le célèbre antiquaire lyonnais du xviie siècle, Spon[1] en fait mention. Le Père Ménestrier[2] dans son Histoire de Lyon, le Père de Colonia[3], autre jésuite érudit, donnent aussi sur cet aqueduc quelques indications, mais sans rien de précis ni de certain. C’est seulement dans la seconde moitié du xviiie siècle qu’une étude vraiment sérieuse et détaillée en fut faite par un savant des plus perspicaces et des plus consciencieux, l’architecte Delorme, membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. Dans un mémoire[4] lu en séances publiques devant cette assemblée les 29 mars et 5 juin 1759, il exposa le résultat de ses recherches. D’un bout à l’autre il avait suivi l’aqueduc, et, sauf quelques erreurs bien excusables, avait relevé exactement le tracé, mesuré les dimensions des ouvrages souterrains ou apparents, et signalé les particularités techniques les plus dignes de provoquer la curiosité et l’admiration. La description de l’aqueduc du Gier était, dans ce mémoire, précédée de quelques renseignements succincts, d’ailleurs en partie erronés, sur les aqueducs du Mont-d’Or et de La Brévenne. Delorme croyait alors que ce dernier amenait à Lyon les eaux de la Loire, prises aux environs de la ville de Feurs, ce qui est évidemment impossible a priori, puisque ce point de départ aurait été plus bas que le point d’arrivée.

En 1846, François Artaud évoque les antennes dans son livre Lyon souterrain, et en 1850, la représentation gravée d’une portion figure dans l’ouvrage d’Antoine-Marie Chenavard intitulé Lyon antique restauré d’après les recherches et documents de F. Pendant les travaux de consolidation des galeries, à l’angle de la rue Grognard, est observé un remblai composé de matériaux modernes mêlés à des tessons de céramique et des objets métalliques antiques, dont la moitié d’une couronne de laurier en bronze recouverte de feuilles d’or. Le 28 septembre 2007, une pétition sur internet est lancée contre le projet de percement d’un deuxième tunnel de la Croix-Rousse à travers ces souterrains. En 2011, pour la construction du tunnel nord de la Croix-Rousse, environ 70 m de galeries sont détruites. Une certaine effervescence entoure alors les arêtes de poisson : des écrits de cataphiles, des articles de presse, des reportages télévisées, des conférences soutiennent l’intérêt pour ces souterrains. Creusement de l’extrémité d’une arête à la recherche d’un éventuel double fond. Situation des galeries sous les pentes de La Croix-Rousse.

16 galeries latérales mesurant 30 m chacune, ce qui donne à l’ensemble une forme d’arêtes de poisson. Une seconde galerie se trouve 8 m sous la principale, sans artères latérales. En 2008, pour les archéologues du service archéologique de la ville de Lyon  ’homogénéité de la maçonnerie comme l’absence de trace de reprise montrent que le réseau en arêtes de poisson forme un ensemble architectural cohérent qui, de la rive du Rhône au plateau de la Croix-Rousse, relève d’une seule et même campagne de construction. Croix Rousse appartenait au seigneur de Miribel et grand maître de l’ordre du Temple, Guillaume de Beaujeu. D’après lui, la double voie des Sarrazinières s’étendant jusqu’à Miribel, à 18 kilomètres de Lyon, aurait permis de creuser les arêtes de poisson à l’insu des Lyonnais.

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