Le peuple de l’abîme PDF

La Chartreuse de Parme est un roman de formation : c’est dire que le roman nous fait assister à l’évolution d’un personnage qui, au gré d’aventures diverses au cours desquelles il le peuple de l’abîme PDF cherche, finit par se trouver et se constitue sous nos yeux en tant que  héros. S’il n’est pas évident que Fabrice soit toujours le « héros » de La Chartreuse de Parme, c’est néanmoins autour de lui que s’articulent les premiers chapitres.


Plusieurs des œuvres de Jack London, en particulier les romans animaliers tels Croc-Blanc, paraissent aujourd’hui dans les collections destinées à la jeunesse et connaissent toujours un grand succès. Son œuvre n’en est pas moins politiquement engagée quand il décrit, par exemple, l’horreur libérale des bas-quartiers de l’est londonien dans Le Peuple de l’abîme. Dans la capitale anglaise, il se déguise en clochard et passe alors trois mois au milieu des ouvriers démunis, des sans-logis et des miséreux. Jack London en tire The People of the Abyss, (Le Peuple de l’abîme), un pamphlet dénonçant la misère croissante provoquée par le capitalisme. London est particulièrement frappé par la misère qui règne dans ces quartiers, par la surpopulation, les salaires ridicules, la famine et les maladies qui causent la mort des pauvres de Londres dans la solitude et la plus grande détresse. Extrait : Il était curieux, après le premier choc, de noter l’effet que la nourriture avait sur eux. Tout d’abord, ils devinrent tristes, et me dirent qu’ils avaient plusieurs fois pensé au suicide. Le charretier, il y avait moins d’une semaine, s’était mis debout sur le pont et avait regardé l’eau passer tout en se questionnant. L’eau, nous confia le charpentier avec chaleur, n’était pas un bon moyen. Lui, d’abord, il le savait, il se débattrait. Une balle était beaucoup plus pratique, mais comment ferait-il pour avoir un jour un revolver, c’était là toute la question. Ils devinrent plus gais au fur et à mesure que le thé chaud arrivait, et commencèrent à me parler d’eux-mêmes. Le charretier avait enterré sa femme et ses enfants, à l’exception d’un de ses fils, qui, devenu homme, l’avait aidé dans son petit travail. Puis le malheur était arrivé. Le fils, qui avait trente-deux ans, était mort de la petite vérole. Juste après, son père eut une forte fièvre et alla passer trois mois à l’hôpital. Ce fut alors la fin de tout. Il sortit de l’hôpital diminué, amoindri, et il n’avait désormais personne pour l’aider. Sa petite affaire se mit à péricliter, il n’avait plus d’argent. Le malheur était arrivé, et la partie était jouée. Il n’y avait plus aucune chance pour un vieillard comme lui de refaire sa vie. Ses amis étaient trop pauvres pour l’aider. Il avait essayé de s’embaucher lorsqu’on dressait les estrades pour la parade de l’anniversaire du couronnement. « La réponse qu’on me faisait partout me rendait presque malade : Non, non, non ! Elle résonnait à mes oreilles le soir lorsque…

Fabrice appartiennent à un passé déjà mythique : le Milan de 1796 où pénètre l’armée napoléonienne se réveille soudain aux sons joyeux de ces soldats en guenilles, tous jeunes et enthousiastes, et commandés par un général qui n’a pas vingt-sept ans. Fabrice fait naturellement émerger l’enseignement superstitieux de l’abbé Blanès qui nourrit sa conviction héroïque d’une secrète connivence des choses. Son attention à tous les signes qui émaillent sa route laisse croire qu’un destin spécial lui est réservé. Fabrice, couvée par sa tante, est marquée par la contemplation lyrique autant que par la rêverie héroïque : il s’enchante ainsi des vieilles prouesses des héros, s’abîme dans la lecture du Tasse et de l’Arioste comme Don Quichotte dans celle d’Amadis de Gaule.

Ainsi rien ne manque à « notre héros » pour figurer dignement parmi les grandes figures de l’épopée. Il nous faut de plus près en considérer les raisons. Notre impression de désordre, la dérision constante du narrateur à l’égard de son personnage orientent délibérément notre lecture vers une démythification de la bataille de Waterloo. La plus grande discordance entre l’idée et la réalité est le temps, le déroulement du temps comme durée. Homère et son grandissement systématique par l’hyperbole des actions et des personnages. Fabrice est tantôt rêveur et distrait, tantôt curieux de détails dérisoires dont il ne parvient pas à saisir l’origine.

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