La naissance du Panafricanisme: Les racines caraïbes, américaines et africaines du mouvement au XIXe siècle PDF

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L’ouvrage analyse les fondements du Panafricanisme impliquant des investigations dans un vaste domaine combinant, dès le XVIIIe siècle, Afrique, États-Unis d’Amérique, Canada, Grande-Bretagne, France, Haïti, Brésil et Colonies européennes des Caraïbes. L’auteur a retrouvé de précieux documents, en particulier le Rapport de la Conférence de Londres organisée en 1900 par des hommes originaires des Caraïbes, le Rapport de Bénito Sylvain publié pour la première fois ici et le Report of the Pan-African Conference de Londres (23-25 juillet 1900) à Westminster Town Hall rédigé par Henry Sylvester Williams et ses amis.

Drapeau de l’UNIA, utilisé plutôt par les Afro-Américains, malgré le fait qu’il ne reprenne pas les couleurs panafricaines. Le cœur de son principe consiste en la certitude que les peuples d’Afrique et de la diaspora partagent une histoire et une destinée commune et que leur progrès social, économique et politique est lié à leur unité. Son objectif ultime est la réalisation d’une organisation politique intégrée de toutes les nations et peuples d’Afrique. Historiquement, l’idée se développe en réaction aux conséquences du démantèlement progressif de l’esclavage en Amérique. Du Bois contribuent à l’affirmation politique du projet panafricain.

Avec la décolonisation, celui-ci prend une ampleur nouvelle et se retrouve incarné par des dirigeants tels que Kwame Nkrumah. Celui-ci est premièrement textuel : un acte du 25 mars 1807 interdit la traite négrière sur tous les territoires et côtes d’Afrique. Les esclaves libérés par les Britanniques, puis par d’autres puissances dans les premiers temps de l’abolition de la traite, deviennent le plus souvent des citoyens libres. Le nombre de ces Noirs libres augmente encore considérablement avec l’abolition de l’esclavage en Amérique. Cette augmentation donne lieu, dans les anciennes puissances esclavagistes, à une réaction en deux temps : l’élaboration d’un racisme  scientifique  et la déportation volontaire ou forcée de Noirs en Afrique.

Ses théoriciens multiplient les démonstrations tendancieuses fondées sur des observations et des expériences anatomiques pseudo-scientifiques. Tous ces caractères montrent véritablement une nuance vers la forme des singes, même sensible dans le moral. Ces habitudes annoncent une mollesse naturelle ou innée de l’âme. Pour appuyer ses théories, Virey met en avant des travaux de dissection comparés de corps blancs et noirs portant sur divers aspects, tels que la couleur du sang ou la taille du cerveau. De nombreux naturalistes, à la suite de Virey, établissent une hiérarchie des groupes humains afin de justifier l’hégémonie politique et historique de  races pures  sur des races prétendues inférieures. Unis, au développement d’un mouvement de  blanchisation  de la population. American Colonization Society, organisation ayant pour but le transport des  Nègres  libres en Afrique.

L’argument principal de Mills et de Finley pour promouvoir leur entreprise est l’amélioration des conditions de vie des Noirs. Ayant finalement obtenu une autorisation gouvernementale pour organiser une colonie en Afrique, l’American Colonization Society envoie en mars 1820 trente familles de  Nègres  libres sur l’Ile Sherbo, située au sud-est de Freetown dans la colonie britannique du Sierra Leone. Le mouvement d’émigration africaine depuis le continent américain est également présent dans une moindre mesure et sous une autre forme au Brésil. Cette mesure a des conséquences directes sur plusieurs centaines d’Afro-brésiliens qui demandent volontairement dans les années suivantes leur retour sur les côtes africaines. Ne pouvant suivre des études aux États-Unis, il part au Libéria avant d’y mener une carrière universitaire et politique.

Blyden réfute l’idée d’une hiérarchie des races soutenue par Gobineau et appelle à la solidarité entre les Noirs. Son ouvrage s’inscrit plus globalement dans le débat de l’époque entre les partisans du polygénisme et du monogénisme. Les résistances de Ménélik II aux tentatives d’invasion italiennes et son succès lors de la bataille d’Adoua en 1896 ont donné à l’Éthiopie une place privilégiée dans la formation de la pensée panafricaine. L’attirance des panafricains pour l’Éthiopie s’explique également par la volontés de ceux-ci, à l’instar d’Edward Blyden, de mettre en avant la lumineuse histoire du continent Africain. Bénito Sylvain, natif de Port-au-Prince et figure majeure de la Conférence panafricaine de 1900, entretient avec l’Éthiopie des liens étroits. Fondateur du journal La Fraternité, Organe de Défense des Intérêts d’Haïti et de la Race noire, il devient en 1893 enseigne de vaisseau de la Marine de Guerre haïtienne.

La Première Conférence panafricaine se tient à Londres du 23 au 25 juillet 1900 dans un climat de racisme exacerbé, de crises économiques et sociales, et de la conquête progressive des territoires africains par les puissances occidentales. Plusieurs personnalités ont revendiqué avoir été les inspirateurs de la Conférence panafricaine. Benito Sylvain a lui souligné son influence, qu’il exerça en tant que délégué général de l’Association Panafricaine. En 1896, Sylvain adresse une lettre à Anténor Firmin et lui fait part de son idée de réunir un Congrès panafricain à l’Exposition universelle de Paris. En 1897, Benito Sylvain, de retour d’Éthiopie, rencontre à Londres Booker T. L’Association Africaine, à sa création, se donnait pour objectif principal  d’encourager un désir d’unité et de faciliter des relations amicales entre Africains en général, de promouvoir et de protéger les intérêts de tous les sujets proclamant leur descendance africaine . La Conférence se tient lors des 23, 24 et 25 juillet 1900 au Westminster Hall de Londres.

Caraïbes, des États-Unis, du Canada, d’Afrique et du Royaume-Uni. La résolution principale de la Conférence est une Adresse aux Nations du Monde adoptée à l’unanimité. Le texte final de la Conférence comporte également un passage destiné  A sa Gracieuse Majesté, Reine de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, Impératrice de l’Inde , implorant son attention envers  la situation alarmante des autochtones en Afrique du Sud . L’Adresse aux Nations du Monde de la Conférence de 1900 est rédigée sous la direction de William Edward Burghardt Du Bois. Celui-ci devient, dans les décennies suivantes, la figure principale autour de laquelle sont organisés les rassemblements relatifs au mouvement panafricain. Afrique centrale, qu’il adresse en vain à l’administration américaine. La garantie de la part des puissances coloniales de nombreux principes de gouvernement relatifs aux indigènes africains : l’accès à la terre, la juste répartition des ressources capitalistes de l’État, l’abolition du travail forcé et des châtiments corporels, l’accès à l’éducation et la participation des africains au gouvernement de l’État.

Si les résolutions prises à Paris en 1919 condamnent les abus de la colonisation, elles ne condamnent pas son principe, par souci de compromis avec les autorités occidentales. Les résolutions du Congrès ne font ainsi pas l’unanimité chez les représentants africains. Organisé successivement dans trois capitales impériales différentes, Londres, Bruxelles et Paris en 1921, le second Congrès panafricain est ainsi marqué par des divergences, qui conduisent à une rupture. Manifeste de Londres, qui revendique notamment  la reconnaissance des hommes civilisés comme étant civilisés indépendamment de leur couleur et de leur race  et  la restitution de l’ancienne propriété commune de la Terre et de ses richesses et défenses naturelles contre l’avidité sans limites des investissements capitalistes . Du Bois organise presque à lui seul les deux derniers Congrès panafricains.

Les deux derniers points montrent bien le rapprochement entre le mouvement panafricain et les théories communistes. Quelques mois avant le quatrième Congrès, en février 1927, se tient la réunion de la Ligue contre l’impérialisme et pour l’indépendance nationale. Attirant près de 180 participants venus du monde entier, parmi lesquels Albert Einstein ou Jawaharlal P. Marcus Garvey est une figure emblématique d’un nationalisme noir tourné vers les masses. En France, l’influence des idées communistes et garveyristes, accompagnée par la pénétration de la culture afro-américaine après la Première Guerre mondiale et l’émergence d’une littérature anticoloniale, encouragent le militantisme de la diaspora africaine.

La Grande-Bretagne et ses colonies sont aussi un intense foyer de militantisme panafricain. C’est le cas de la Union for Students of African Descent et de la Gold Coast Student’s Union. En Afrique du Nord, l’agitation nationaliste conduit également à la formation de mouvements anticolonialistes. 1945, les mouvements intellectuels, politiques, sociaux et culturels liés au panafricanisme s’accélèrent. Leur centre de gravité bascule des métropoles occidentales vers le cœur même du continent africain. Les idées panafricaines s’inscrivent de plus en plus dans la réalité. Si elles se limitent avant la guerre à un petit cercles d’intellectuels coloniaux, leur assise politique et sociale s’élargit désormais vers de nouveaux groupes sociaux.

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