L’hermine et la croix gammée : Le mouvement breton et la collaboration PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. En pratique : Quelles sources sont attendues ? Bretagne, son histoire, sa littérature, ses langues, ses coutumes, etc. Francis Favereau pointe que l’hypothèse l’hermine et la croix gammée : Le mouvement breton et la collaboration PDF’un nationalisme breton » né uniquement dans les cerveaux enfiévrés de quelques gentilshommes plus ou moins marginalisés politiquement ne laisse pas d’être réductrice.


Août 1939. A quelques jours du début de la Seconde guerre mondiale, Olier Mordrel et Fransez Debauvais, les deux principaux responsables du PNB, le Parti National Breton, sont à Berlin. Ils rencontrent plusieurs dirigeants du Troisième Reich. Leur but : l’indépendance de la Bretagne dans le cadre de l’Europe allemande. En juin 1940, ils rentreront en Bretagne à l’occasion de la défaite de l’armée française. Ils pensent alors leur but tout proche. Comme beaucoup de membres de l’Emsav (le mouvement breton), ils vont résolument  » jouerla carte allemande  » dans ce conflit. Pour cela ils ne vont rien négliger pour plaire aux maîtres du moment, adoptant les slogans racistes et antisémites. Ayant pignon sur rue, un parti, des organisations, une presse et même une radio, les militants bretons vont côtoyer le pire. Certains d’entre eux, une toute petite minorité, iront même jusqu’à endosser l’uniforme allemand pourcombattre la Résistance bretonne. En 1945, c’est la fin de ce rêve fou, d’une indépendance à l’ombre dufascisme. C’est l’opprobre et le rejet par l’immense majorité du peuple breton de ceux qui avaient prétendu parler en son nom. Pourtant cette histoire avait commencé dans la ferveur, avec un journal, Breiz Atao, fondé en 1919 et qui va regrouper des jeunes Bretons soucieux de tirer leur pays du sous-développement et de l’oppression linguistique dont il était victime. Dans ce combat, les militants de l’Emsav vont rencontrer les forces de gauche, notamment communistes, à la fin des années 1920. Mais le choix délibéré de certains de coller aux tenants des idéologies nordiques et nazies va donner à cette histoire une toute autre orientation au cours des années 1930. C’est cette dérive que conte ici L’hermine et la croix gammée.

Les idées ne sortent pas du sol et nul mouvement d’idée est né sans père. Les richesses culturelles populaires et nationales, parfois rencontrée dans la langue du peuple, alors que la culture n’était jusque-là que l’affaire des nobles et des puissants et ne s’exprimait qu’en latin ou dans la langue de l’élite. Les Celtes antiques dont on recherche les traces historiques et archéologiques dans l’ancienne Gaule et, particulièrement, en Bretagne où est encore parlée le breton, une langue celtique. En Bretagne, la  Renaissance romantique  s’exprima essentiellement au sein d’une noblesse légitimiste marginalisée après 1830 par la Monarchie de Juillet et se repliant sur ses terres. Ancien Régime s’ajoute un esprit conservateur en ce qui concerne la religion, les traditions et les privilèges féodaux, sans pour autant croire à un retour effectif à l’Ancien Régime.

Le recueil des croyances et des pratiques du peuple en Bretagne, parfois mêlées avec les observations archéologiques, principalement dans des articles de revues plus ou moins savantes, constituant le début d’une ethnographie européenne qui n’apparaîtra qu’au siècle suivant. La normalisation de la langue bretonne écrite, initiée par Jean-François Le Gonidec, considéré comme le père du breton moderne avec le soutien de La Villemarqué et, après 1870, du clergé avec l’approbation des évêques. La création d’une véritable historiographie bretonne avec Arthur de La Borderie, considéré comme le père de l’histoire de la Bretagne, sur le modèle d’Augustin Thierry et Jules Michelet. 1752 : Première édition du Buhez ar Sent, ouvrage en breton qui décrit la vie des saints de l’Église catholique. Ce livre devient rapidement le livre dans la plupart des foyers de la Bretagne bretonnante.

This entry was posted in Cuisine et Vins. Bookmark the permalink.