L’Exégèse chrétienne de la Bible en Occident médiéval : XIIe-XIVe siècle PDF

Des formes juives traditionnelles d’exégèse se trouvent dans la l’Exégèse chrétienne de la Bible en Occident médiéval : XIIe-XIVe siècle PDF du Midrash. Le Targoum est une traduction de la paracha en araméen, justifiée par divers commentaires.


Lue par les clercs, entendue et vue par les laïcs, La Bible constitue la référence majeure de la civilisation de l’Occident chrétien du Moyen Age. Comprendre celle-ci exige de connaître la manière dont est lue et commentée l’Ecriture sainte. C’est à quoi s’attache le présent ouvrage, dont le centre de gravité est la période-clé des XIIe-XIVe siècles, qui voit s’épanouir la culture dans de nombreux domaines et pendant laquelle se trouvent posés les fondements de la pensée et des mentalités de l’Occident moderne. L’histoire de cette lecture de La Bible, faite dans quelques ouvrages devenus classiques, est rappelée dans le présent livre, qui renouvelle totalement le sujet, en mettant à profit les progrès récents des « sciences du texte ».
Une fois décrits les genres majeurs que sont la « lectio divina », « lecture divine » du monastère, l’exégèse des écoles et l’exégèse très formalisées de l’université, l’objectif principal du livre (et ce qui constitue sa nouveauté) réside dans l’analyse des méthodes exégétiques et dans une tentative de définir l’herméneutique des commentateurs du Moyen Age. Ce qui ressort en effet de la période considérée, c’est d’abord la mise au point de méthodes de plus en plus rigoureuses d’étude du texte sacré : si la critique textuelle connaît un développement remarquable au XIIIe siècle (et l’ouvrage lui consacre un chapitre important), les acquis de la linguistique, de la grammaire, de la rhétorique, de l’analyse historique, théologique et philosophique viennent charpenter le commentaire – l’exégèse de La Bible se posant comme une science véritable dès la seconde moitié du XIIIe siècle. Ces techniques sont, bien sûr, mises en service d’une approche spirituelle, but de l’exégèse chrétienne, qui elle aussi cherche à établir des procédures objectives. Cette pratique s’accompagne d’une intense réflexion théorique, stimulée à la fois par les progrès faits parallèlement dans l’exégèse juive occidentale et par l’élaboration d’une théologie qui se définit aussi comme science. Le problème majeur, celui du passage au sens spirituel, donne lieu à une quête passionnante, notamment chez Thomas d’Aquin mais aussi chez d’autres auteurs moins connus.
Cette étude de la réflexion herméneutique des exégètes médiévaux constitue un point fort du livre. Au-delà d’une recherche nourrie de nombreux textes, imprimés ou manuscrits, au-delà de la question historique de l’étude de La Bible au Moyen Age, cet ouvrage tente de trouver chez les auteurs des XIIème-XIVème siècles une réponse à la question lancinante, que se pose sans doute tout lecteur de l’Ecriture, de la transmission d’une Parole perpétuelle mais donnée dans le temps, au-delà des catégories humaines mais dictée dans la langue des hommes, infinie mais accessible à l’humain.

Le Midrash est un terme générique désignant tous les débats, commentaires, explications, et occasionnellement recherches sur les textes de la Bible hébraïque. Dans le sens générique, c’est un genre littéraire, celui du récit homilétique. Il explique et commente plus qu’il ne recherche des sources. La Halakha est un exposé de la loi écrite. La Haggadah commente les récits non liés à la loi, et produit elle-même de nouveaux apologues. Le Mikra est l’étude rationnelle des prophètes et de l’hagiographie.

La Massora se rapproche de la critique textuelle en s’intéressant exclusivement à la syntaxe, à la qualité de la copie et aux sources. La Guemara, la seconde des deux grandes parties du Talmud, contient le commentaire de la première grande partie, la Michna, ou recueil de l’ensemble des lois divines telle que recensée par le judaïsme rabbinique. Article détaillé : Quatre sens de l’Écriture. Au côté des domaines de l’exégèse biblique existent des méthodes d’herméneutique biblique. L’interprétation est d’autant plus difficile que le vocabulaire biblique est truffé de mots polysémiques ou de hapax. La pratique de l’exégèse traditionnelle ou exégèse canonique peut aller de pair avec l’exégèse scientifique.

Le théologien Henri de Lubac s. L’exégèse au Moyen Âge est fortement inspirée de cette exégèse patristique: Bernard de Clairvaux, Thomas d’Aquin s’appuient abondamment sur les Pères de l’Église. Galilée, dans sa célèbre lettre à Christine de lorraine, est parmi ceux qui contestent qu’il faille prendre le texte de la Bible uniquement dans son sens littéral, en ce qui concerne le mouvement de la Terre. Jean Astruc soulèvent les problèmes que pose la Bible en matière de science et d’histoire notamment. L’ouvrage est cependant condamné en 1678 par Bossuet, puis mis à l’Index. Ernest Renan et des exégètes dont la figure de proue est Alfred Loisy remettent en question l’exégèse traditionnelle catholique, qui à cette époque pense encore pouvoir tirer de la Bible un enseignement scientifique, par exemple sur l’origine du monde. Articles détaillés : Crise moderniste et Revue thomiste.

Mais les catholiques ne renoncent pas pour autant à l’exégèse. L’encyclique Providentissimus Deus du pape Léon XIII avait ouvert la porte à la recherche selon les méthodes historico-critique mais cette intervention du pape Léon XIII cherchait aussi à protéger l’interprétation catholique de la Bible des attaques du rationalisme, sans se réfugier seulement dans un sens spirituel détaché de l’Histoire. La création de l’ACEBAC en 1943 au Canada et de l’ACFEB en 1967 en France a aidé au travail exégétique des chercheurs catholiques. France, à l’exégèse biblique d’entrer dans les universités laïques. Articles détaillés : Lectio brevior potior et Lectio difficilior potior.

La critique textuelle fait appel à la paléographie et à l’épigraphie. Elle est une branche de la philologie qui examine les copies existantes des manuscrits d’une œuvre littéraire antique ou médiévale pour produire un texte aussi proche que possible de l’original. Avant l’invention de l’imprimerie, les œuvres littéraires étaient copiées à la main. Le nombre énorme de témoins présente des difficultés uniques, principalement en rendant la stemmatique impraticable quoique l’informatique commence d’offrir des solutions.

Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus. Le texte-type occidental est également très ancien, mais ses témoins sont plus enclins à la paraphrase et à d’autres corruptions. Après Westcott et Hort, les critiques textuels du Nouveau Testament ont conclu que le texte-type byzantin est tardif, basé sur l’alexandrin et les textes-types occidentaux. Parmi les autres types, l’alexandrin est considéré plus pur que l’occidental. Ainsi la pratique de la critique textuelle du Nouveau Testament doit suivre la lecture des textes alexandrins à moins que ceux de l’occidental soient nettement supérieures. Le plus ancien papyrus, fragment de codex retrouvé à Oxyrhynque en Égypte, qui comporte une partie du texte de l’Évangile selon Jean, est le papyrus Ryland 457, daté de l’an 125. Les méthodes de traduction, la syntaxe et la grammaire jouent donc un rôle important.

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