L’Affaire du gang des barbares PDF

L’affaire a suscité une vive émotion en France, y compris au plus haut niveau de l’État, du fait de l’antisémitisme des auteurs du crime et des conditions de séquestration et de mort du jeune homme. Le procès s’est déroulé d’avril à juillet 2009, selon les règles de publicité restreinte puisque deux des accusés étaient mineurs au moment des faits, le l’Affaire du gang des barbares PDF en appel en 2010.


13 février 2006, 8 h25, Sainte-Geneviève-des-Bois. Le long de la voie de chemin de fer, une automobiliste aperçoit un corps nu et prostré. Ilan Halimi est transporté alors qu’il agonise vers l’hôpital Cochin à Paris. Brûlé à 60%, poignardé à plusieurs reprises, il meurt dans les heures qui suivent. Quelques jours plus tard, Youssouf Fofana est interpellé en Côte d’Ivoire. II reconnaît l’enlèvement, la séquestration, puis le meurtre d’Ilan Halimi. II explique qu’il voulait de l’argent, qu’il a choisi sa victime parce qu’elle était juive. II se dit le  » cerveau  » d’une bande de  » barbares « . Avec des filles, les appâts ; des gros bras, les ravisseurs ; des  » petits  » aux ordres, les geôliers; un gardien d’immeuble qui met à disposition l’appartement, puis la cave où Ilan passera plus de trois semaines les yeux bandés, les membres entravés. Une affaire qui a choqué la France entière : celle d’un jeune homme torturé dans une cité de Bagneux où d’ordinaire tout se sait. Ilan Halimi est mort étouffé par cette loi du silence, alors gage d’impunité pour Youssouf Fofana, alibi des consciences pour tous ceux qui lui ont obéi. Comment une trentaine de personnes ont-elles pu prendre part à un tel projet criminel ?.

11 octobre 1982, est un vendeur travaillant dans un magasin de téléphonie mobile du boulevard Voltaire à Paris. Ilan est torturé pendant les trois semaines suivantes dans une cité HLM de Bagneux dans les Hauts-de-Seine. Mais le médecin légiste conclut :  Aucun des coups n’est mortel. Ce n’est donc pas un coup isolé qui a provoqué la mort mais l’ensemble des violences et tortures subies pendant trois semaines. Ses ravisseurs, qui furent surnommés le  gang des barbares , voulaient obtenir une rançon pour sa libération. Le  gang des barbares  était composé d’une vingtaine de personnes qui gravitaient autour d’un chef, Youssouf Fofana. Des jeunes filles étaient utilisées pour attirer les victimes dans un guet-apens.

Ilan Halimi ne serait pas la première victime du gang : il y aurait eu cinq tentatives d’approche avant lui, mais toutes auraient échoué. 5 mars 2006, la circonstance aggravante d’antisémitisme a été retenue par les juges d’instruction. Le quotidien Le Monde du 21 mars 2006 publie des informations en faveur d’une interprétation antisémite de l’affaire, après des interrogatoires de certains prévenus. Les préjugés antisémites de la bande de Bagneux apparaissent dans les auditions de ses membres. Youssouf Fofana nie avoir eu des motivations antisémites. Halimi, issu d’une famille modeste — sa mère est secrétaire. Un officier de police a signalé que les membres du groupe ne sont pas connus comme extrémistes.

Les juges chargés du dossier ont toutefois retenu l’antisémitisme comme circonstance aggravante du crime. L’enquête policière dure trois semaines et mobilise jusqu’à 400 policiers. Il est le cinquième enfant d’une fratrie de sept. Sa mère, Fatouma, était femme au foyer.

En 1989, les Fofana ont emménagé dans un grand appartement à Bagneux, cité du Prunier-Hardy. La scolarité de Youssouf, au collège Joliot-Curie de Bagneux, a été catastrophique. 2000 et 2003 pour vols, violences volontaires, deux braquages et agression d’un policier. Youssouf habitait à la maison, comme les autres enfants, mais ne rangeait jamais rien et n’aidait pas financièrement ses parents, contrairement à son cadet Mamadou. Il fait la prière cinq fois par jour et va à la mosquée de Bagneux, mais par contre il ne travaille pas, et moi, ça m’énerve. De ses six frères et sœurs, un a déjà été condamné à de la prison ferme. Il a été arrêté dans la nuit du 22 au 23 février 2006 à Abidjan par les gendarmes ivoiriens.

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