Juives et musulmanes PDF

Nous avons pensé aux fêtes de Noël en consacrant ce deuxième numéro de la série des cinq sens au goût, et donc à la cuisine, au fait de juives et musulmanes PDF ensemble, au partage et à l’harmonie. Et Enzo Biancho, célèbre cuisinier et fondateur d’une nouvelle communauté monastique ainsi que grand intellectuel et spécialiste, nous a offert une précieuse recette de Noël.


Cet ouvrage, issu d’une recherche originale, présente une approche comparative, qui reste encore peu étudiée, sur les pratiques religieuses contemporaines des femmes juives et musulmanes. Chaque chapitre, rédigé « à quatre mains » par un(e) spécialiste du judaïsme et l’autre de l’islam, met en lumière convergences et divergences dans une analyse croisée de thématiques communes ayant trait au féminin. Les textes posent les questions de l’accès des femmes juives et musulmanes à l’espace du culte (mosquée, synagogue) et aux textes religieux (Torah, Coran, Talmud, Hadith), à leur étude et à leur interprétation, donnant lieu à de nouvelles exégèses féminines et à l’émergence de nouvelles fonctions religieuses (imams musulmanes, femmes-rabbins et autres rôles rituels) ; les débats sur le droit de la famille (mariage et divorce) et les stratégies de contournement de certaines normes ; les problématiques liées à la sexualité, la pureté, l’homosexualité féminine, l’avortement et la reproduction médicalement assistée, dans les textes sacrés et les pratiques des femmes dans l’islam et le judaïsme aujourd’hui.

Lisa Anteby-Yemini, chargée de recherche au CNRS, Idemec – UMR 7307 (AMU-CNRS), est spécialiste des migrations en Méditerranée – notamment en Israël – et de l’anthropologie du judaïsme.

Ont contribué à cet ouvrage : Annie Benveniste, Belkacem Benzenine, Marie-Laure Boursin, Christian Bromberger, Martine Gross, Hanane Sekkat Hatimi, Sandra Houot, Andrew Kam-Tuck Yip, Sonia Sarah Lipsyc, Barbara Peveling, Simona Tersigni, Emanuela Trevisan Semi, Liliane Vana, Nadine Weibel.

Un unicum, que nous oublions souvent, caractérise la tradition chrétienne : Dieu s’est fait homme. Et à travers le corps de cet homme, il a rencontré les êtres humains. Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui écrit le pape François dans sa Lettre au peuple de Dieu, citant Paul. Avec le numéro de juin nous commençons notre septième année de vie, entre continuité et innovations.

Le choix, pour chaque numéro, d’un thème à approfondir, fait partie de la continuité, et désormais cet approfondissement connaîtra une amélioration supplémentaire: nous reviendrons fréquemment sur les mêmes thèmes, comme cela nous a été demandé à plusieurs reprises. Pendant de nombreux siècles, l’amitié a été considérée comme un fait uniquement masculin, un sentiment élevé , cathartique, qui élèvait l’esprit : Achille et Patrocle, Euryale et Nisus, mais aussi David et Jonathan, la littérature et le texte biblique lui-même nous en offrent des exemples célèbres. Il n’existe pas un seul pays, ni un seul secteur dans lequel les femmes ont les mêmes salaires que les hommes. C’est le plus grand vol de l’histoire .

L’image reproduite sur la couverture de ce numéro n’est pas une icône mais illustre un concept du sacré bien enraciné dans l’islam. La particularité de cette Annonciation est la présence de trois personnages : Gabriel, au centre, s’adresse à Mohammed, qui a son tour fait signe à sa femme Khadija. Le savoir scientifique a été pendant de longs siècles l’apanage presque exclusif des hommes et formellement interdit aux femmes. Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts ». Pourquoi en 2011, une édition numérique du livre de Roger Enria « Les Chasseurs de l’Akfadou » ? L’histoire des hommes est un perpétuel recommencement.

La marche des pays vers la démocratie est une route longue, bien souvent tachée par le sang des insurgés s’opposant à l’ordre établi. La France, depuis la Révolution française, en a fait la cruelle expérience. Pour lire la suite de cet avant propos, consulter  » Les messagers de l’Akfadou « . Rédigé par Claude, ce document est destiné aux anciens combattants algériens. Pour des raisons techniques, le livre est présenté au format pdf en deux parties . Pour lire Les chasseurs de l’Akfadou Kabylie 1955-1962 cliquer sur les vignettes ci-dessous.

Depuis le costume jusqu’à la manière de se congratuler, il n’est pas un fait ou un geste qui ne nous étonne chez nos voisins kabyles, le nouveau venu est tout à fait déconcerté. Puis avec les mois, sa curiosité faiblit et bientôt, rien ne le frappe plus, l’accoutumance est ici néfaste. Si nous savons être attentifs, ce contact très rapproché avec une civilisation si différente de la nôtre peut nous fournir l’occasion unique de confronter deux mondes aux antipodes l’un de l’autre. Ainsi, pour nous, la valeur qui fonde les lois et les institutions s’appelle individu ou personne.

Chez les Kabyles ou contraire, la cellule familiale, le clan, sont à la base de la vie sociale. Il n’existe pas dans la langue d’expressions traduisant « un par un » ou « quelques uns ». Ce qui compte, c’est l’entité sociale : la famille, le clan, le village, la tribu. Comme dans toute société primitive, il n’y a pas de loi édictant que le vol, le mensonge, l’assassinat ou les exactions sont répréhensibles. Ces actes sont neutres et ils ne prennent une connotation morale que dans la mesure où ils s’appliquent aux intérêts de la communauté : s’il est condamnable de voler un hôte qui a reçu l’hospitalité du village, il est normal de détrousser un voyageur. La place de la femme découle tout naturellement de ces principes. On dira symboliquement que ne pouvant labourer, elle ne pourra pas être propriétaire foncier et n’aura pas le droit d’hériter de ses ascendants.

Cependant, on lui reconnaît à vie le droit d’existence dans les maisons de ses frères. De même, au moment de son mariage, la jeune fille kabyle emporte en bijoux d’argent et en étoffes plus de richesses que n’en recevront ses frères en parcelles de terrain. Il n’en demeure pas moins que le groupe humain le plus respecté est celui des chefs de famille, surtout lorsqu’ils ont de nombreux fils. Ce désir de laisser une descendance mâle nombreuse favorise la natalité et rend nécessaire l’émigration des jeunes gens et des hommes.

Même aujourd’hui, la notoriété d’une famille se calcule, comme le veut un proverbe, d’après  » le nombre de fusils qu’elle peut mettre aux fenêtres. Les premiers actes de terrorisme généralisé ont été déclenchés en Algérie au 1er novembre 1954. La simultanéité des actes faisait apparaître que l’on se trouvait en présence d’un mouvement concerté étendu à l’ensemble du territoire algérien, sans possibilité de pouvoir en fixer exactement l’ampleur. Pour labourer, le paysan utilise une charrue rustique dont le soc en bois n’est pas toujours ferré. Les sillons peu profonds ne font qu’érafler la terre selon un tracé sinueux qui contourne les obstacles, souches ou grosses pierres que personne ne songe à ôter. Au printemps, les champs et les forêts offrent au regard une éclosion multicolore qui fait oublier la longue période hivernale où les torrents de boue le disputent à la neige collante des djebels, les moissons sont maintenant terminées. Puis voici les fenaisons, l’herbe est coupée à la faucille plus souvent qu’à la faux.

C’est aussi le temps des récoltes, notamment celle des olives. Cette tâche est réservée aux femmes. Elles offrent alors le spectacle charmant de leurs robes aux couleurs vives tranchant sur l’argenture du feuillage. On a calculé que cette même famille vivant dans la région de Tizi-Ouzou, exploite en moyenne deux ou trois hectares de terre se reparaissant de la manière suivante : un hectare est réservé à l’olivier, un demi-hectare est consacré au figuier, le terrain restant est divisé en carrés de blé, de pommes de terre, de légumes secs et de légumes verts, le potager et la petite basse-cour de la maison sont la propriété de la femme.

Celle-ci ne limite pas ses activités à ces travaux. Cela permet quelques économies surtout si la laine provient des bêtes de la ferme. Une bonne récolte d’olives rapporte entre deux et trois cents litres d’huile, tous les deux ans, lorsque l’olivier donne vingt-cinq kilos de fruits traités mécaniquement par la suite, le rendement d’un bon figuier est de l’ordre de quinze kilos par an, le demi-hectare qui leur est consacré rapportant entre trois cents et cinq cents kilos par récolte. Mais, des revenus bruts constitués par le commerce de leur production, les Kabyles doivent soustraire les frais occasionnés par le broyage des olives, la transformation des céréales et l’entretien des animaux, les paysans sont également soumis à l’impôt : là une route qui mène aux mechtas, ici une fontaine dont l’eau est captée plus loin dans la montagne, parfois l’installation de l’électricité ou d’un poste téléphonique selon l’importance du village. L’accroissement de la natalité posera de sérieux problèmes dans l’avenir.

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