Jean Delville la Contre-Histoire PDF

Daniel Cordier, né à Bordeaux le 10 août 1920, est un résistant, marchand d’art et historien français. Jean Delville la Contre-Histoire PDF Camelot du roi, il s’engage dans la France libre dès juin 1940.


Secrétaire de Jean Moulin en 1942-1943, au contact de qui ses opinions ont évolué vers la gauche, il lui a consacré une biographie en plusieurs volumes de grande portée historique. Issu d’une famille de négociants bordelais, royalistes maurassiens, Daniel Bouyjou-Cordier fait ses études dans différents collèges catholiques. Il porte le nom de son beau-père Charles Cordier, second mari de sa mère, Jeanne Gauthier. Il milite à 17 ans à l’Action française et fonde à Bordeaux le Cercle Charles-Maurras. En juin 1940, il se trouve avec sa famille à Bescat, attendant avec impatience son incorporation prévue le 10 juillet. Le bateau fait finalement route vers l’Angleterre. 25 juin et s’engage avec ses camarades dans les premières Forces françaises libres de la  Légion de Gaulle  le 28 juin 1940.

Entré au BCRA, il est parachuté près de Montluçon le 26 juillet 1942. Dans son livre Présumé Jean Moulin, l’historien Jacques Baynac évoque l’éventuelle arrestation de Daniel Cordier par les Allemands autour du 14 juin 1943, une semaine avant la capture de Jean Moulin. Des rapports officiels du SOE britannique rapportent cet évènement. René Hardy en 1947, il dépose dans le sens de sa culpabilité dans l’affaire de Caluire.

Il conclura à nouveau à cette culpabilité des décennies plus tard  en âme et conscience , cette fois après de longues recherches historiques. Après la guerre, Cordier choisit de tourner la page et d’oublier radicalement cette période de sa vie, il ne parle plus de la Résistance en public pendant plus de trente ans. Il ne se consacre plus au militantisme politique et a renoncé à ses opinions d’extrême droite au contact du radical-socialiste Jean Moulin. Jean-Moulin au début des années 1960. Daniel Cordier a été le tuteur légal d’Hervé Vilard. Jean Moulin fut mon initiateur à l’art moderne. Avant de le rencontrer, en 1942, j’étais ignorant de cet appendice vivant de l’histoire de l’art.

Il m’en révéla la vitalité, l’originalité et le plaisir. Sitôt les hostilités finies, il commence une carrière de peintre, s’inscrit à l’académie de la Grande Chaumière en 1946, en même temps qu’il achète sa première œuvre, une toile de Jean Dewasne, au Salon des Réalités nouvelles. C’est ainsi qu’en novembre 1956 Daniel Cordier, en ouvrant sa première galerie, se lance dans ce qui allait être une brillante carrière de marchand d’art. Après une première exposition consacrée à Claude Viseux, il expose, conjointement Dewasne, Dubuffet et Matta. Artistes présentés lors de l’exposition  Daniel Cordier. Cordier entreprend des recherches historiques pour défendre la mémoire de son ancien patron.

L’originalité de Daniel Cordier, en tant qu’historien-témoin, est de refuser radicalement le témoignage oral et de ne faire qu’un usage très restreint de ses propres souvenirs. Enfin, après la guerre, bien des chefs de la Résistance ont privilégié une vision unanimiste de l’épopée clandestine, et préféré taire les querelles, les rivalités, les divergences politiques et stratégiques qui les avaient opposés entre eux ou à Londres, et que pourtant révèlent des documents. Le travail de Daniel Cordier a été souvent boudé ou critiqué par ses anciens camarades, qui lui ont reproché d’avoir nui à l’unité des anciens résistants. Au-delà de la défense d’une figure héroïque et emblématique de la Résistance et de l’histoire de France, elle est un jalon incontournable pour l’historicisation du combat de l’ armée des ombres . Daniel Cordier a publié son autobiographie sous le titre Alias Caracalla : mémoires, 1940-1943 en 2009. Il subit les influences contradictoires de Gide et des enseignements de l’Église catholique en la personne de son confesseur, qui le persuade de renoncer à son amour pour un garçon du nom de David Cohen. Cet épisode devait marquer sa vie entière.

Ordre de la Liberation 2nd ribbon. 1983 : Jean Moulin et le Conseil national de la Résistance, Paris,  éd. De la naissance de Jean Moulin à 1941. La République des catacombes, Paris,  éd.

2009 : Alias Caracalla : mémoires, 1940-1943, Paris,  éd. 2013 : De l’Histoire à l’histoire, avec la collaboration de Paulin Ismard, Paris,  éd. 2014 : Les Feux de Saint-Elme, récit, 194 p. Le regard d’un amateur  qui se tint au Centre Pompidou du 14 novembre 1989 au 21 janvier 1990. Roger Vailland, Drôle de jeu, Prix Interallié, Paris,  éd. Laurent Douzou, La Résistance, une histoire périlleuse, Paris,  éd. Points , Prix littéraire de la Résistance 2005.

Charles Benfredj, L’Affaire Jean Moulin : la contre-enquête, Paris,  éd. Pierre Assouline,  Portrait : Daniel Cordier et l’énigme Jean Moulin , L’Histoire, no 127, novembre 1989, p. Jean-Louis Jeannelle,  Vies mémorables  et expression de l’intime : l’ irrégularité  dans les Mémoires de Daniel Cordier , Revue d’histoire littéraire de la France, no 4, octobre 2011, p. Jean-Louis Jeannelle,  Patience du mémorialiste : Daniel Cordier et le  temps des Mémoires , Critique, no 754, mars 2010, p. Thomas Wieder,  Daniel Cordier au plus vrai , Le Monde des Livres, cahier du Monde no 20030, 19 juin 2009, p.

This entry was posted in Beaux livres. Bookmark the permalink.