Groupes de pressions en Europe : Europe des citoyens ou des intérêts ? PDF

Le plaidoyer développé par la Gecamines est éloquent et il traduit un réel sentiment d’exaspération devant l’avalanche de rapports produits par de nombreuses ONG étrangères. Souvent hémiplégiques, ces dernières dénoncent plus volontiers les exactions locales que le comportement arrogant et prédateur de groupes de pressions en Europe : Europe des citoyens ou des intérêts ? PDF sociétés multinationales.


On a souvent opposé l’Europe des citoyens à l’Europe des intérêts. Ce débat gagne en intensité depuis que le traité de Maastricht a permis d’ajouter la notion de citoyenneté à cette question publique. Les sentiments de manque de transparence et de démocratie semblent encore aggravés, à Bruxelles, par la pratique de plus en plus courante du « lobbying ». Ces groupes de pressions, défendant des entreprises ou des régions, sont devenus des professionnels à part entière. Cependant, il existe une réaction de la société civile, mais dont l’unique cadre, même s’il est de plus en plus européen, est encore celui de la contestation : les actions de José Bové en sont un bon exemple. Dans quelle mesure les intérêts privés exercent-ils une réelle influence sur les prises de décision à Bruxelles? En quoi modèlent-ils la construction même de l’Europe? Ces deux questions essentielles sous-tendent la problématique de l’ouvrage. La réflexion progresse tout au long de sept chapitres.

Cependant, même si la réaction de la Gecamines est compréhensible, et derrière elle le souverainisme exprimé par les plus hauts responsables congolais, cette sainte colère serait plus crédible si elle avait éclaté plus tôt. Car enfin, a—t-il réellement fallu 16 ans pour découvrir que les termes de l’échange étaient déséquilibrés ? Si elle est légitime, l’indignation d’aujourd’hui est bien tardive : pourquoi la justice corrompue est elle demeurée au service des riches et du pouvoir ? Pourquoi, face aux crimes économiques et aux crimes tout court, l’impunité est elle demeurée la règle ?

Si la justice militaire s’est améliorée, comment comprendre que la justice civile soit restée en état ? Attaquer les étrangers, fût-ce à juste titre, en s’abstenant de nettoyer sa maison et son entourage, cela ressemble aussi à une fuite en avant. A trois semaines des élections, Albert Yuma, le patron des patrons congolais, à la tête de la Gécamines, l’opérateur minier national, a décidé de contre attaquer. De réfuter point par point, au dollar près, les accusations de détournement qui pèsent sur sa société.

Le plaidoyer pro domo rédigé par les services de la Gecamines porte un titre sans équivoque : la vérité sur les mensonges des ONG en RD Congo tandis que le sous titre indique le véritable enjeu de cette opération de communication : démontrer comment, sous couvert de morale, on voudrait priver un pays de sa souveraineté sur les matières premières. Dans le grand salon de l’hôtel Pullmann à Kinshasa, en présence de plusieurs ministres, dont She Okitundu chargé des affaires étrangères, de la presse nationale et internationale, la Gecamines a donc mené une double offensive. La première phase, assez technique, a porté sur les chiffres. Quant au bradage des actifs miniers, les affirmations de l’African Progress Panel, portant sur la vente des sites de Mutanda Mining et de Kansuki, selon lesquelles leur sous évaluation aurait fait perdre à la Gecamines donc à l’Etat congolais 634 et 116 millions de dollars, elles sont également démenties vigoureusement.

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