Finitude et mystère PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Le sacré est une notion d’anthropologie culturelle permettant à une société humaine finitude et mystère PDF créer une séparation ou une opposition axiologique entre les différents éléments qui composent, définissent ou représentent son monde : objets, actes, espaces, parties du corps, valeurs, etc. Il est d’usage de considérer que l’acte de sacraliser est spécifique des tribus primitives, des peuples isolés et des civilisations anciennes.


La relation entre la philosophie et la théologie sort-elle enfin de l’oubli ? Les jeux de frontières dont elle hérite en notre me siècle commençant ne peuvent que susciter une réponse inquiète. Du côté des philosophes, au motif principal et irréfutable de l’aventure propre de la pensée, on a volontiers ignoré la théologie, allant jusqu’à faire de cette ignorance un titre de probité intellectuelle – ou bien élaboré à son endroit des stratégies  » repoussoir «  » excluant du champ théorique ses objets propres. Du côté des théologiens, là où on a cru devoir s’éloigner des tentatives médiévales d’harmonisation entre la philosophie et la théologie, l’on n’a guère toujours évité, en dépit des déclarations d’intention, de cantonner la première dans un rôle auxiliaire de la seconde. Non moins gravement, en certains lieux d’effervescence religieuse, on a relégué l’activité philosophique dans le champ des inutiles perplexités, de l’errance quand ce n’est de l’erreur. Prenant acte d’un héritage aussi contrasté, voire scandaleux, le présent ouvrage s’interroge sur le statut de cette relation comme telle et tente d’ouvrir quelques voies de compréhension permettant de favoriser le dialogue entre ses deux polarités. Trois axes en structurent le propos. Le premier («  » Délimitations «  ») analyse les principaux déplacements qui affectent aujourd’hui le commerce entre ces deux exercices de la pensée. Le deuxième ( » Institutions « ) est consacré au problème de l’inscription philosophique au sein du régime d’autorité institutionnelle et confessante. Le troisième ( » Figures « ) est formé d’une série de confrontations avec quelques-unes des figures contemporaines emblématiques qui ont risqué, dans la traversée de cette problématique, une élucidation de la finitude mystérieuse.Ph. C.

Il désigne ce qui est inaccessible, indisponible, mis hors du monde normal, et peut être objet de dévotion et de peur. Le sacré est synonyme d’espoir, d’authentification de l’homme en un principe supérieur, celui du monde non intelligible. Selon Camille Tarot, le concept du sacré est conçu par les anthropologues contemporains comme la réponse à un ensemble d’expériences propres non seulement aux sociétés archaïques et traditionnelles mais aussi à toutes les autres cultures qui leur ont succédé. Sur le plan phénoménologique, nous pouvons entrevoir ce qui, dans les cultures humaines, est visé dans les expériences du sacré : avant tout, le numineux. Le numineux est un concept avancé par Rudolf Otto et ensuite largement utilisé. 1917, Otto traduit le concept de sacré en référence au latin, où le terme numen se rapporte à la divinité, soit en un sens personnalisé, soit en référence à la sphère du divin en général. Pour Otto, le numineux regarde toute expérience non rationnelle du mystère, se passant des sens ou des sentiments, et dont l’objet premier et immédiat se trouve en dehors du soi.

Le numineux est aussi, selon Carl Gustav Jung :  ce qui saisit l’individu, ce qui, venant d’ailleurs, lui donne le sentiment d’être , traduisant, par conséquent, une expérience affective d’être. Le sacré entre ainsi selon Camille Tarot dans  la composition d’une essence, celle de son identité . Sur le plan historique,  tantôt il semble s’identifier ou se confondre avec le divin : c’est le cas des religions archaïques, tantôt c’est le sacré qui s’estompe au profit du divin ou de la transcendance : c’est le cas des formes religieuses qui relativisent mythes et rites ou préconisent l’accès au divin . Enfin, toujours pour Camille Tarot, le sacré serait à l’origine du fait religieux, lequel serait à reconnaître  dans la conjonction du symbolique et du sacré .

Dans le catholicisme, l’expression le sacré désigne spécialement l’Eucharistie. Les éléments du sacré sont généralement considérés comme intouchables : leur manipulation, même en pensée, doit obéir à certains rituels bien définis. Ne pas respecter ces règles, voire agir à leur encontre, est généralement considéré comme un péché ou crime réel ou symbolique : c’est ce qu’on nomme un sacrilège. Le sacré, être collectif et impersonnel, représente ainsi la société elle-même. Les choses sacrées sont celles que les interdits protègent et isolent, et les choses profanes étant celles auxquelles ces interdits s’appliquent et qui doivent rester à l’écart des premières.

Sacré et Profane est l’essence du fait religieux. La  voie du sacré  est à l’origine de ce que Mircea Eliade appelle l’homo religiosus,  celui qui peut connaître lui-même l’irruption d’une vision transcendante et globalisante . Mircea Eliade souligne que la religion ne doit pas être interprétée seulement comme  une croyance en divinités , mais comme  l’expérience du sacré . On pourrait dire , écrit Mircea Eliade,  que l’histoire des religions, des plus primitives aux plus élaborées, est constituée par une accumulation de hiérophanies . On n’insistera jamais assez sur le paradoxe que constitue toute hiérophanie, même la plus élémentaire. En manifestant le sacré, un objet quelconque devient autre chose, sans cesser d’être lui-même, car il continue de participer à son milieu cosmique environnant. Selon Albert Assaraf, une telle explication reste fondamentalement à la périphérie du phénomène.

C’est en raison de notre prédisposition innée, dit-il, à classer les objets du monde selon une échelle de force , qu’une simple pierre finit par désigner quelque chose de  tout autre  qu’elle-même. Il subsiste, écrit Eliade, des endroits privilégiés, qualitativement différents des autres : le paysage natal, le site des premières amours, ou une rue ou un coin de la première ville étrangère visitée dans la jeunesse. Paysage natal ,  site des premiers amours ,  une rue ou un coin de la première ville étrangère visitée dans la jeunesse , ne sont-ce pas là tout simplement des objets d’attachements initiaux que l’esprit humain place très haut sur une échelle imaginaire verticale ? Articles détaillés : Le système JP et Echelle de forces.

Albert Assaraf propose dans son article,  Le sacré, une force quantifiable ? 2006 dans Médium no 7, d’inscrire sur une échelle de forces graduée de 1 à 10 la charge émotive irradiant d’un signe ou d’un objet. La règle de son échelle de forces est simple. Tout signe ou objet, dit-il, se référant à une entité matérielle de chair et de sang, soumise au dépérissement et à la mort, se verra attribuer au maximum une force 7. Sur l’échelle de forces d’Albert Assaraf, un yaourt, par exemple, n’évoluera pas dans la même classe de signes qu’un chien.

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