Extravague PDF

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est extravague PDF civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Il parait que c’est la constatation que se confient tout bas les stratèges américains. En soi cela n’est pas grave.


Je suis heureux, chère vague, de t’adresser ce livre, j’ai eu un peu de mal, tu verras, avec la dernière phrase, j’avais rêvé d’une phrase un peu plus lente mais j’ai eu du mal à tenir cette lenteur jusqu’au bout, le moindre à-coup pouvait tout précipiter, j’aurais voulu tout arrêter, mais cela reprenait, d’autres vagues revenaient, je rêve encore de toi parfois, je pense à toi, tu verras, je n’ai pas pu tout écrire, je t’embrasse.

Le grave est que « l’Europe » est moralement, spirituellement indéfendable. Et aujourd’hui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses européennes qui incriminent, mais que l’acte d’accusation est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions d’hommes qui, du fond de l’esclavage, s’érigent en juges. On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sévir aux Antilles. Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent. Donc que leurs maîtres sont faibles. Et puisque aujourd’hui il m’est demandé de parler de la colonisation et de la civilisation, allons droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres.

La malédiction la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte. Cela revient à dire que l’essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement, de répondre clair à l’innocente question initiale : qu’est-ce en son principe que la colonisation ? Mais alors, je pose la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact ? Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets. Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.

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