ESTHETIQUE ET TECHNOSCIENCE PDF

Le terme scientisme est aussi utilisé pour désigner l’idéologie selon laquelle tous les problèmes qui concernent l’humanité et le monde pourraient être réglés au mieux, si ce n’est parfaitement, suivant le paradigme de la méthode scientifique. On peut distinguer pratique ou quête de la science et scientisme en tant que doctrine idéologique. Le scientisme ne fait pas l’hypothèse de vérités philosophiques, religieuses ou morales supérieures hors de ce qui peut être démontré et partagé, la science utilisée pouvant être mathématique, physique, biologique, ou autre. La découverte en ESTHETIQUE ET TECHNOSCIENCE PDF des problèmes de NP-complétude suggère cependant qu’on pourra parfois trouver de bonnes méthodes en les comparant, mais que l’on n’a pas de garantie lorsqu’intervient la combinatoire de trouver la meilleure.


Le scientisme suppose qu’existera pour chaque problème une solution qui s’imposera sans que volonté, desiderata ou subjectivité d’un décideur ou des populations concernées n’influencent le débat. Paul Valéry soulevait déjà ce problème dès 1919 :  Nous avons vu, de nos yeux, le travail consciencieux, l’instruction la plus solide, la discipline et l’application les plus sérieuses adaptés à d’épouvantables desseins. Savoir, Devoir, vous êtes donc suspects ? L’essai L’Homme stupide, de Charles Richet, qui l’avait précédé en 1919, se voulait tout aussi pessimiste : l’instruction était sans doute préférable à son absence, mais avait montré ne pas garantir des choix heureux ni rationnels. La Deuxième Guerre mondiale montrera qu’un tel danger perdurait. Il reste possible d’étudier les résultats prévisibles, sur un modèle simplifié, d’une morale adoptée par les membres d’un groupe fixe et de durée déterminée.

Une stratégie pragmatique que l’on nomme le donnant-donnant donne quelques bons résultats : elle consiste à faire confiance à autrui tant qu’il se comporte de la façon attendue, et à la lui retirer aussitôt que son comportement s’écarte des normes. On observe également l’inverse dans le phénomène décrit par Thomas Piketty sur l’accroissement des inégalités en économie. L’affichage ostensible d’une conformité à telle ou telle norme sociale, par exemple culturelle, vestimentaire ou de langage, constitue alors un signal que l’on est prêt à entrer dans le comportement de coopération propre à la société correspondante. Ce signal peut à son tour être sincère ou non.

John Rawls traite également du cas où la société est composée de plusieurs groupes dans sa Théorie de la justice en indiquant que les règles sont bien constituées s’il devient indifférent d’appartenir à un groupe plutôt qu’à un autre. Un groupe réel se compose sur le long terme d’individus qui naissent, se reproduisent et meurent. Mais je suis convaincu aussi que les hommes se posent bien des questions qui ne signifient rien. Sous des acceptions moins techniques, le scientisme peut être associé à l’idée que seules les connaissances scientifiquement éprouvées peuvent être réputées sûres, mais aussi renvoyer à l’idée d’un excès de confiance en la science qui pourrait se transformer en dogme, voire en religion de substitution. Flaubert le décrira par son monsieur Homais.

Le scientisme ne doit pas être confondu avec le réalisme métaphysique, qui soutient que le monde est toujours modélisable au moins jusqu’à un certain degré. Le scientisme, c’est l’impérialisme de la Science de laboratoire sur tous les domaines de la pensée et de la conscience de l’homme. La science, en effet, dans sa partie la plus développée et la plus spectaculaire, c’est-à-dire la physique mathématisée, ne retient des choses concrètes que l’aspect quantitatif mesurable. Elle établit des lois, c’est-à-dire des rapports ou relations entre les phénomènes observables, puis les coordonne suivant quelques principes très abstraits en une vaste théorie d’ensemble, qui subit continuellement la remise en question la plus radicale s’il le faut. La philosophie peut donc se construire, quant à son armature fondamentale, en partant des données tout à fait fondamentales de l’expérience et de la raison, que justifie réflexivement la critique de la connaissance.

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