1810, le tournant de l’Empire PDF

Le Salon de 1787 au Louvre, gravure de Pietro Antonio Martini. L’objectif initial du salon était de présenter au 1810, le tournant de l’Empire PDF les œuvres des derniers lauréats de l’Académie puis, à partir de 1817, de l’École des beaux-arts. La première manifestation, initiée en 1673 au Palais-Royal, s’appelait  l’Exposition .


L’année 1810 peut sembler être une année vide, dans le règne foisonnant de Napoléon. Il ne livre pas de grandes batailles, n’engage pas de grandes réformes, ne saisit pas l’importance d’une crise économique naissante. Le seul événement notable est le mariage de l’Empereur et Marie-Louise. Il constitue cependant un tournant bien plus marqué qu’on a bien voulu le dire et Napoléon le laisser croire. L’union franco-autrichienne alourdit en effet le contentieux entre la France et la Russie. Elle sauve l’Empire des Habsbourg du démembrement envisagé après Wagram. Mais elle augmente aussi l’inquiétude de Murat, roi de Naples. Et, surtout, elle renforce le caractère monarchique d’un régime considéré jusque-là comme une dictature de salut public. Aveuglement ou lassitude: parallèlement, l’Empereur laisse Bernadette devenir héritier du trône de Suède et ne passe pas en Espagne comme il devait le faire pour reprendre en main la Péninsule. Par son divorce et son remariage, il brave enfin le pape et place au centre de sa nouvelle dynastie une personnalité effacée, sur laquelle pèse le souvenir de Marie-Antoinette. Telles sont quelques-unes des répercussions du mariage de Napoléon avec la fille de François I évoquées ici, avec d’autres, par les plus grands spécialistes de la période. Ils montrent que toutes les pièces de la machine infernale qui emportera l’Empire en 1814 sont en train de s’ajuster en cette année 1810.

1692, les travaux des différentes artistes agréés sont présentés au Louvre, et l’exposition annuelle organisée par l’Académie à partir de 1737 prend le nom de  Sallon , car elle avait lieu au  sallon carré du Louvre . L’histoire du Salon parisien est jalonnée de petits et gros scandales, d’événements, de rencontres, de ruptures, de conformismes, qui marquèrent les esprits du temps. Elle fut le lieu de l’émergence de la critique d’art, d’une littérature, d’échanges, de l’affirmation de personnalités artistiques, et l’objet d’une véritable curiosité, voire d’une forme de rejet. Ils pouvaient d’ailleurs citer en exemple les précédents de Florence et de Rome, où les Princes au pouvoir avaient soutenu la création d’une Académie de dessin, un siècle plus tôt déjà. Ils obtiennent gain de cause et en 1648, la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture est approuvée, elle est créée à Paris et se dote d’une structure, de personnels et d’une doctrine.

La doctrine s’appuie sur la hiérarchie des genres, héritée de l’Antiquité. On passe en fait de ce qui exige le plus d’imagination et de créativité, pour lequel il faut plus de talent, à ce qui est considéré comme de la copie pure du réel. Cette hiérarchie se retrouve dans les désignations du personnel de l’Académie qui a une importante fonction d’enseignement. Seuls les peintres d’histoire ont accès aux fonctions d’ officiers , notamment les professeurs et les adjoints de professeurs. Pour être reçu à l’Académie, l’aspirant devait d’abord soumettre pour agrément une ou plusieurs œuvres servant de base au choix du sujet imposé, dans le genre choisi par lui. Ensuite, il réalisait le projet en définitif et le présentait pour réception. L’œuvre s’appelait alors le  morceau de réception  qui devenait propriété de l’Académie.

Les statuts de mars-mai 1663, modifiés en 1668, prévoyaient une présentation biennale. Il fallait trouver un moyen de compenser l’absence de  boutiques , lieux de présentations d’œuvres auxquels les Académiciens et Officiers avaient renoncé, dans le cadre de leur nouveau statut. La Grande Galerie accueille les expositions suivantes de 1704 et 1706. Denis Diderot a contribué par ses critiques à la renommée du Salon de l’Académie royale. En comparaison, la Royal Academy naît à Londres seulement en 1768.

Et les Provinces françaises ne restèrent pas à l’écart de ce mouvement parisien. Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils de Jacques-Louis David consacre le triomphe de l’artiste au Salon de 1789 et celui d’une peinture classique qui regarde l’actualité au miroir de l’histoire antique. Napoléon Ier félicitant David pour son tableau du Sacre lors du Salon de 1808, lithographie de Charles Motte d’après Norblin. En juillet 1793, la Convention supprime toutes les académies et crée une  Commune générale des arts  dont Jean-Bernard Restout est nommé président.

David, occupé à peindre La Mort de Marat, n’y participe pas, mais ses élèves y figurent en bonne place. Joseph Ducreux présente les portraits de Couthon et de Robespierre, et Isabey y fait ses débuts. L’esthétique néoclassique prédomine dans les Salons après la Révolution, sous le Directoire, le Consulat et le Premier Empire. L’année suivante, David crée l’événement en refusant d’exposer au Salon et en organisant, en parallèle, une exposition payante de son tableau Les Sabines dans l’ancienne académie d’architecture du Louvre. Napoléon :  Sacre et massacre, le voilà bien en deux tomes ! Le Salon de 1824, François-Joseph Heim.

1740, que Orry, directeur général des bâtiments, en établit le retour périodique et en régla les conditions. En 1839, Honoré de Balzac déplore ce qu’il est devenu :  Depuis 1830, le Salon n’existe plus. Tout fut perdu lorsqu’il se continua dans la galerie. Le Salon aurait dû rester un lieu déterminé, restreint, de proportions inflexibles, où chaque genre eût exposé ses chefs-d’œuvre.

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