Épicure et l’épicurisme PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Épicure et l’épicurisme PDF’épicurisme, est un courant de la philosophie occidentale ayant pour objectif principal l’atteinte du bonheur par la satisfaction des seuls plaisirs  naturels et nécessaires . L’épicurisme est issu de l’école du Jardin, fondée à Athènes par Épicure en 306 av.


Émergée à l’époque hellénistique, à peu près en même temps que le stoïcisme, l’école épicurienne défend tout comme lui une philosophie matérialiste. Mais tandis que l’un exalterait la raison et la vertu, l’autre ferait l’apologie des sens et du plaisir. Cette lecture antagoniste ne permet pas de comprendre qu’Épicure a conçu son approche en rupture totale avec les philosophies antérieures : pour les épicuriens, il faut partir de ce qui est premier (sensations et affections) et non dérivé (raisonnements et abstractions), de ce qui est réel (corps) et non fictif (prétendues réalités en soi et âmes immortelles), pour en tirer des conséquences théoriques et pratiques qui, déduites rigoureusement, doivent dérouler pour nous la voie du vrai et du bien.

L’abolition de la crainte de la mort et des dieux complète l’éthique épicurienne. L’épicurisme professe que pour éviter la souffrance il faut éviter les sources de plaisir qui ne sont ni naturelles ni nécessaires. L’épicurisme entre en concurrence avec une autre grande pensée de l’époque, le stoïcisme, fondé en 301 av. En effet, les deux courants, matérialistes et monistes, sont l’un comme l’autre axés sur la recherche du bonheur mais proposent des moyens différents pour y parvenir. Le charme de cette doctrine égalait la douceur des sirènes. Et cet exemple est encore suivi par tous les épicuriens.

Les publications d’Amafinius, considéré comme le premier philosophe à écrire en langue latine et de Lucrèce firent de l’épicurisme une doctrine populaire dans toutes les couches de la société. Elles avaient la réputation d’être relativement facile à saisir, moins techniques que l’enseignement de la Nouvelle Académie ou du stoïcisme. L’école épicurienne a la réputation d’être restée fidèle à la doctrine originelle d’Épicure jusqu’à son extinction. Ce fait est attesté notamment par Numénius dans les fragments de son traité Sur l’infidélité de l’Académie à Platon, qui pointe la soumission des disciples d’Épicure à ses dogmes. Pour ses disciples, Épicure est le libérateur — il est désigné souvent comme sôtèr, sauveur. Non content de révérer la personne d’Épicure, ses disciples ont un égal respect pour sa doctrine.

Selon Cicéron, qu’il ne faut peut-être pas prendre ici au pied de la lettre, leur secte sait peu ce qu’on dit ailleurs. C’est là un côté par lequel l’épicurisme ressemble au pythagorisme : les disciples restent profondément unis. L’amitié ou philia est en effet une notion cardinale de l’éthique épicurienne. Cicéron développe cet aspect de la doctrine dans le livre I du traité De finibus. Cette pratique philosophique et propédeutique de l’amitié est encore mal connue. Les épicuriens sont connus pour avoir souhaité se tenir à l’écart de la vie publique, selon le prétexte popularisé par le pamphlet de Plutarque  Vis caché ! Ce refus de la participation politique s’explique principalement par l’identification du désir de gloire et de richesse comme un désir orienté vers des réalités bien plus toxiques que plaisantes, et par une volonté de fuir les situations de souffrance et de risque.

Ces points sont particulièrement documentés dans les Maximes Capitales d’Épicure, les fragments de l’épicurien Hermarque transmis par Porphyre, et de nombreux traités de Philodème comme l’Economique, Le bon roi selon Homère ou les livres sur la Rhétorique. La doctrine d’Épicure a eu une postérité considérable à de nombreuses époques. Sur le plan politique et éthique, on considère souvent les épicuriens comme les premiers penseurs utilitaristes et conventionnalistes. La justice, suivant Épicure, est fondée sur des conventions mutuelles de non-agression qui ne tiennent que par appréhension de l’utile pour ceux qui en sont capables et crainte du châtiment pour les autres. Pierre Gassendi, éditeur, traducteur et commentateur d’Épicure, en proposera une défense argumentée dans son Vie et mœurs d’Épicure. L’influence des atomistes antiques est considérable en France chez les penseurs des Lumières.

Cette reprise marxiste explique l’abondance de travaux philologiques et philosophiques parfois de tout premier plan consacrés à l’épicurisme antique dans les pays de l’ex Bloc de l’Est. Raymond Queneau dans sa Petite Cosmogonie portative se réclament également de l’épicurisme dans sa transmission lucrétienne. Henri Lengrand, Épicure et l’épicurisme, Paris, Bloud, 1906, 71 p. Paul Janet, Histoire de la science politique dans ses rapports avec la morale, Paris, Alcan, 1872, 531 p.

Diogène Laërce lui-même :  La lettre à Hérodote ,  La lettre à Pythoclès ,  La lettre à Ménécée ,  Les Maximes capitales , ainsi que le florilège des  Sentences vaticanes  et des fragments papyrologiques retrouvés sur le site de la Bibliothèque d’Herculanum. Jackie Pigeaud, Paris, Gallimard,  Bibliothèque de la Pléiade , no 564, 2010. Jean-François Balaudé, Paris, Le Livre de poche, 1994, 222 p. Lucrèce, De la nature des choses, trad. Lille: Publications de l’Université de Lille, 1976. Lucrèce et l’épicurisme, Paris, PUF, 1963.

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